jeudi, 12 avril 2007

Du bon usage du réchauffement climatique

medium_madonna.jpgScandale autour de Live Earth, concert « vert » accusé de pollution au CO2, conversion programmée de la Formule 1 au respect de l’environnement, forum endiablés sur le Net autour des énergies « propres » ou renouvelables… Le thème du réchauffement climatique, soumis à une médiatisation tous azimuts, envahit de façon brutale nos écrans, nos lectures, nos discussions. Faut-il s’en réjouir ou bien en rire (jaune) ? S’agit-il d’une véritable prise de conscience d’une humanité qui se voit au bord du gouffre, ou bien d’un effet de mode, d’un thème vendeur sur lequel viennent allègrement surfer les politiques, les lobbies industriels et les empires média ? 

Dans le quotidien anglais The Independant, on apprend qu’un événement appelé « Live Earth », annoncé comme « le concert le plus vert de l'été » et destiné à sensibiliser les foules à l’importance de la réduction des émissions de CO2 se tiendra le 7 juillet prochain dans diverses villes du globe.

Louable et généreuse intention ? Bien sûr ! Seul un esprit cynique et vil comme le mien imaginerait voir dans cet événement une opération de marketing et d’image dont s’apprêtent à profiter artistes bien-pensants et organisateurs sachant compter (les bénéfices). Et seul un cerveau pervers et anti-écolo (le mien, toujours) pointerait le fait que, de la bouche même des organisateurs, ces derniers devront s’acquitter d’un paiement de 2 à 3 millions d’euros pour compenser les quantités de CO2 émises à l’occasion de l’événement…

Autre illustration amusante des paradoxes de la pensée unique : un article paru dans Sport Bild (magazine automobile d’outre-rhin) annonce la volonté de la Fédération Internationale de l’Automobile de voir les Formule 1 « rouler propre » en récupérant et réutilisant, par exemple, l’énergie thermique due à l’échauffement des disques de freins (au carbone !). En parallèle, le championnat américain Indycar Series a imposé dès cette année aux véhicules participants de rouler à l’éthanol 100%, produit dérivé de la fermentation du sucre. Alors, la F1, vecteur d’image de l’écologie ?

Quoi qu’il en soit et quelles que puissent être nos convictions personnelles sur ces sujets, nul doute qu’à défaut de réellement influencer les politiques mises en œuvre aux plans national et international, la prise de conscience environnementale est une aubaine pour certains, notamment l’industrie des media et de l’« Entertainment ».

« Panem et circenses » (du pain et des jeux)… La maxime tirée des Satires de Juvénal est plus vraie que jamais. Et si le pain manque, remplaçons le par de l’air (pur).

jeudi, 05 avril 2007

Envol de la bêtise

medium_airfrance.jpgEn quête depuis quelques semaines d’un sujet d’inspiration pour un nouveau billet d’humeur, j’ai été servi ce matin à la lecture d’une dépêche (merci Reuters) faisant état d’une proposition du très respectable (?) « Institut de recherche sur les politiques publiques » de Londres.

Par la voix de son chargé de la question du réchauffement climatique, l’IPPR propose que tout message publicitaire pour des vols ou des séjours touristiques contienne un message similaire à celui inscrit sur les paquets de cigarettes, ce pour rappeler la nocivité du transport aérien pour l'environnement. En résumé : « voler tue » ou « prendre l’avion nuit à la planète »… Objectif : sensibiliser les voyageurs qui prennent l’avion (ouh, les vilains !) aux émissions de CO2 générées par le transport aérien.

Après les consommateurs de cigarettes, de vin, de barres chocolatées… Nous voici donc, pauvres touristes en quête de soleil et de dépaysement (que l’on nous vend à grands renforts de campagnes publicitaires), responsables de la destruction imminente de notre bonne vieille planète bleue. A écouter ces grands esprits porteurs de la théologie du politiquement correct, on se prend à regretter l’époque des peintures rupestres et de la pierre taillée.

A quand les avertissements légaux et obligatoires sur le lait de vache (« les flatulences bovines détruisent la couche d’ozone »), les rapports amoureux (« le frottement des corps réchauffe l’atmosphère ») ou le fait de respirer (« respirer provoque du CO2 ») ?

Je ne sais pas si le  politiquement correct a des limites. La bêtise humaine, elle, est vraiment insondable. Comme disait le divin Michel Audiard, « les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît »…

Et pour les con-vaincus, un exemple de ce à quoi ressemblera votre prochaine pub de vacances sous les palmiers (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :

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